Jeunesse de Jackely où es-tu ? Que sont tes cheveux devenus ?
dimanche 1 novembre 2020
lundi 6 avril 2020
Souvenir de potache
Souvenir de potache et grosse émotion
Un jeudi après-midi de 1943, avec un camarade on déambulait au hasard des rues de la ville de Laon et on vint à passer devant la "Kommandantur" siège du commandement allemand dans chaque ville. La guérite de la sentinelle de garde était bizarrement vide, le camarade se positionne (bêtement, ça va sans dire) à l' intérieur et prend la position figée qui convient, il sort, et à mon tour pour ne pas être en reste, je fais de même et singe la sentinelle, quand tout à coup je vois devant moi, une haute silhouette vert de gris, celle d' un officier allemand surgi de nulle part, qui me dit avec un fort accent :" Ket-eu fou là ? "
panique, je bredouille, la pluie...s' abriter ... je me glisse lentement vers l' extérieur, je me fais mince entre la guérite et l'uniforme, je parviens à sortir sous le regard pénétrant de l' homme qui ne riait pas du tout, et côte à côte, avec le camarade, on part lentement, l' allure dégagée, suivis des yeux par l' officier, jusqu' au prochain croisement, et à partir de là course éperdue à toutes jambes jusqu' au lycée où on arriva épuisés
.
Cette stupidité aurait pu entraîner des conséquences graves, passage à tabac ou pire encore,mais l' homme a dû excuser une sottise de potache, je l' en remercie encore, on ne peut pas confondre l' individu et le groupe. Mais, pas fini...
Le lendemain, j' arrive dans la salle d' étude, le surveillant me dit: "Tu dois aller chez le censeur, des gendarmes te demandent". Panique, ils m' ont identifié à la Kommandantur qu' est-ce que c' est ?
Entrée dans le bureau du Censeur, personnage glabre, froid, rigide, comme il sied à sa fonction. "JB, des gendarmes ont demandé à vous voir. Vous êtes sorti hier jeudi ? Oui, M. le censeur. Un gendarme en service
m' a dit connaître un de nos élèves, vous, il est votre correspondant, vous devez faire signer chez lui, à chaque sortie, votre bulletin de sortie. Oui...M. le censeur. Il s' est étonné de ne pas vous avoir vu depuis plusieurs semaines et pourtant j' ai là, je vous les montre, des bulletins signés. Confusion totale, bredouillage et aveu...oui, je les ai signés moi-même. S' ensuivit une leçon de morale et je fus amnistié, à condition bien sûr que ce soit la dernière fois. Oui, je m' y engage ...Merci M. le Censeur. "et soulagement, rien à voir avec la sottise de la guérite à sentinelle de la veille.
Ce gendarme était originaire de mon village, je lui avais demandé d être le correspondant chez qui je devais me rendre à chaque sortie (vraiment une autre époque), mais c' était loin et je n' aimais pas trop les gendarmeries, alors...
Le jeudi suivant, je me rendis chez mon correspondant gendarme, bulletin en main, un peu circonspect, je fus accueilli par l' épouse " Vous ne vous rendez pas compte de votre comportement, imiter une signature et en plus...celle d' un gendarme...etc...etc..." (Sûr que celle d' un gendarme, j' admets que c' est fort coupable, celle d' un autre passe encore ...). Réaction à l' adrénaline, sans en écouter davantage, je pris la porte et ne revint plus jamais. Mais, il me fallait redéposer chez le censeur le bulletin du jour, qui n' était pas signé. Qu' eussiez - vous fait ? Vous auriez comme moi imité encore une fois, la dernière, c' était juré (encore une fois), la signature du gendarme. Le censeur prit mon billet, vérifia qu' il était signé et homme intelligent admit pour véritable la signature en bas, sans manifester le moindre doute puisque j' avais promis de ne pas recommencer.
Le jeudi suivant, je trouvai un autre correspondant, un tenant de bar qui était d' accord pour moyennant une petite consommation de temps à autre , déclarer sur papier être mon nouveau correspondant.
Je suis rétrospectivement encore tout ému
JB
dimanche 5 avril 2020
Grande frayeur
Voyage dans le temps qui me ramène en l' an de grâce1950. Je suis dans un village de la vallée de l' Ourcq, comme son nom l' indique, où je suis "échoué " par la volonté d' un supérieur, qui a décidé qu' il me serait bon d' aller parfaire mes talents de pédagogue dans un monde très rural.Classe unique, tous les cours, une trentaine d' élèves plutôt sages et attentifs.
Hiver froid. Le poêle de la classe m' a joué des tours, bois d' allumage humide, alors les grands moyens, je verse dans le corps du poêle un grand verre d' alcool à brûler, rien, une minute après j' ouvre le haut du poêle et je me penche pour voir s' il reste une braise et là, je ressens un grand souffle une grande gifle lumineuse et dans une glace je vois un visage, que n' aurait pas renié le dernier des derniers habitants du plus profond de la forêt équatoriale.
je n' ai rien à offrir aux voleurs , après quatre années, où 90% de mon salaire, ridicule, ont été consacrés à ma pension complète (sauf petit-déj) . Ici, mes émoluements de secrétaire de la mairie, suffisent tout juste à payer mes cigarettes dont, à l' époque, je fais très ample usage pour chasser mon stress, et l' essence du petit vélomoteur. Je reviens à mon appartement froid, où un matin, dans le couloir du bas, je dus, pour rejoindre la salle de classe, enjamber un clochard qui dormait là, étendu par terre, deux litres vides à côté de lui expliquant son profond sommeil. A midi, il était parti et dès ce
jour, je résolus de fermer ma porte, le soir à double tour. Mais, attendons la suite...
Quelques jours, après l' incident signalé, réveil anxieux en pleine nuit, des bruits de pas, et même de plusieurs pas, le clochard est revenu, non, j' ai fermé la porte. Et çà se rapproche, c' est dans l' escalier, livide et le coeur à 150, je saute du lit, je prends position dans l' angle opposé à la porte dont je guette l' ouverture, décidé à défendre chèrement ma vie, et puis plus, rien, ils sont partis. Je sors de la chambre, personne, pas de traces. Lendemain, la nuit, ils n' oseront pas revenir, et bien si, ils sont revenus, ma peur est vaincue, je sors, lampe électrique à la main, l' autre munie d' un solide gourdin. Rien. Mystère entier. Matin froid, j' endosse mon manteau bleu tout neuf, qui m' a coûté presque un mois de salaire et ma main passe au travers de ma poche, plus de poche, je vais à ma valise en bois, sans roulette, pour en sortir mes gants faits de laine et je vois sur le dessus, près de la serrure, un trou de 1 ou 2 cm de diamètre, bien rond, tracé au compas, ridicule pour un voleur, débile, elle n' était pas fermée à clé. et je commence à croire à des stupidités de fantômes pas bien dans leurs têtes. . ???
Forte tension nerveuse, la nuit suivante, cette fois c' est l' apothéose, ils marchent dans la chambre. Lumière, et je vois une colonie de loirs qui s' empresse de déguerpir en passant par un trou dans le mur qui permettait à un tuyau de poêle virtuel d' évacuer sa fumée dans une cheminée.
Soulagement, ce n' est que ça. Ce sont de gentilles petites bêtes inoffensives, comme de petits écureuils avec leur queue en panache.
Je résolus de vivre en bonne intelligence avec eux, je m' en accommodai et leur fit même don du reste de mon manteau bleu. Mais attends, l' histoire n' est pas finie. Je reçois une visite, le meilleur ami, vous savez celui à qui on raconte sans retenue aucune, toutes ses petites aventures en échange des siennes. En permission dans son service militaire il s' était empressé de me rejoindre sur son vélo. Petits gâteaux, saucisson sec, une bonne bouteille, peut-être deux car les confidences c' est parfois long, la nuit bien avancée, " je couche où ? " Bonne question comme on dit, je n' y avais pas pensé. Voilà, facile, je descends mon matelas, je le mets par terre pour toi et moi je dors sur le sommier, confort oblige pour l' invité.
Et on dort à poings fermés.
Au milieu de la nuit, je suis réveillé par un hurlement horrible, lumière dans la demi-seconde et je vois un individu hagard, le bras tendu et au bout de ce bras, un loir qu' il tenait dans sa main. Et un énorme rire, me prend encore maintenant, je ne peux l' arrêter.
Hélas, l' ami n' est plus là pour le partager.
Mon baccalauréat
Le baccalauréat autrefois
II se passait en deux étapes en deux années consécutives. Première partie examen général , je le passai en 1944 à Château- Thierry dans la grande salle de la Mairie. J' étais venu la veille, sur un vieux vélo et je fus hébergé chez ma soeur, postière à cet endroit, mais...dans la soirée, on entendit des bruits, pas trop lointains, de bombardement et on fut invité à gagner les abris. Partout, on avait recensé les caves "abris" susceptibles d' accueillir et protéger les habitants, de telle sorte qu' on risquait de finir sous des tas de décombres, à mon avis, il était mieux de s' allonger dehors sur le sol avec prières aux anges gardiens.
Après quelques heures dans l' abri, on regagna la chambre, et le lendemain, avec un gros déficit de sommeil, je me rendis au lieu de la convocation espérant que l' examen serait reporté (un tunnel de chemin de fer proche avait subi un bombardement par les forces alliées). Erreur d' appréciation, l' examen eut lieu, une dissertation en particulier sur la littérature du XVII ème siècle, je possédais mon sujet mais mes yeux se fermaient et j' en oubliai un,le principal, la gloire du pays, à la sortie tout le monde saluait l'opportunité qui nous avait été offerte de louer la Fontaine, le grand fabuliste local,j' avais parlé de tous les autres, "la racine de la bruyère boit l' eau etc.." Je l' avais oubliée la célébrité locale. Désespoir. Admis quand même.
Deuxième partie, ce fut l' apothéose. Je ne craignais pas l' examen étant bon élève, avec une scolarité cependant perturbée par les bombardements d' avril 44, des nuits passées dans les sous-sols du lycée faisant office d' abri, des lendemains marqués par l' absence de camarades externes victimes des bombes déversées sur la ville, la vision des maisons éventrées, désastre total. Revenons à l' examen, j' étais tellement sûr de moi que je ne pris pas même la peine de lire entièrement le texte du problème de physique et que je fis se balancer un pendule dans un champ magnétique allant de haut en bas alors que l 'énoncé disait de bas en haut d' où inquiétude à la sortie mais j' avais fait la totalité des maths, donc admis quand même à l' oral et pas un oral pour rire, un vrai examen à but éliminatoire et non de repêchage.
On nous autorisa donc à quitter le lycée de Laon seuls, (habituellement on sortait le jeudi dans l' après-midi, quelques heures, sauf "colles" et promenades surveillées ), et je pris le train pour Lille avec seulement de quoi payer mon billet aller-retour, rien d' autre. On verrait bien. Je n' étais pas le seul dans cette situation, à Lille, on se posa la question où va-ton passer la nuit ? On pensa se faire héberger au lycée, refus net et sans appel, on projeta de faire le mur pour entrer dans le lycée et rejoindre l' infirmerie sans se faire remarquer, on l' avait déjà fait une fois à Laon, mais pas de mur à escalader, tout fermé, tout clos, déception, alors on déambula comme avec l' ami Bidasse à deux ou trois, les autres avaient des adresses pour leur hébergement, on resta à deux, et la nuit vint, l' un des deux (ou trois , je ne sais plus) trouva la solution, on se renseigna pour savoir s' il existait un asile de nuit pour clochards. On trouva l 'asile, on s' allongea parmi quelques miséreux, sans se déshabiller et avec beaucoup de craintes de toutes sortes, vous les imaginez. Au matin on nous servit un café et le ventre vide depuis la veille à midi, on rejoignit le centre d' examen. Premier interrogateur, un professeur de philosophie, bien installé sur sa chaise
qui me demanda si l' analyse devait rendre raison à la synthèse dans les sciences expérimentales (ou quelque chose d' aussi passionnant). C' est alors que je sentis une tempête dans mon ventre, un cataclysme, et demandai à courir aux toilettes où j' arrivai une demi-seconde avant le désastre total . Je revins, on changea le questionnaire, car je pouvais être soupçonné de tricherie, je répondis n' importe quoi à je ne sais quoi car
j' étais loin de la philosophie pour laquelle habituellement pourtant
j' avais un faible et de bonnes appréciations , mais la tempête interne n' était pas apaisée, j 'allai en chimie où on me demanda un exposé sur le méthane que je connaissais de A à Z ou plutôt de M à E, mais j' étais paralysé car le méthane accentuait dans mon ventre son tourbillon et je ne savais même plus la signification du mot, je craignais la Berezina, et je bafouillai pas grand chose de bien audible.
Je ne savais rien, je ne voyais plus rien, je me demandais dans quel monde j' étais, non nourri, malade, défaillant, désespéré total , sans vêtement de rechange, sans argent, plus rien dans la tête et la suite des interrogations ou plutôt interrogatoires fut le même désastre et le même martyr. J' obtins quand même, je me demande comment, je n' y croyais plus, mon titre de bachelier, mais je n' ai pas le parchemin ayant omis de le réclamer un an après, par esprit de vengeance contre l'institution, j' étais un peu hors norme dans ma jeunesse. J' ai dit gardez-le votre papier sans mention, je mérite mieux que ça, je possède un simple petit document rose, une attestation provisoire. Je rêve souvent que je retourne à l' école et que je parviens enfin à décrocher un beau diplôme vantant mes capacités.
On a tous des moments de vie difficiles comme celui-là, où on se demande ce qu' on fait sur cette terre, mais il fut un temps où c' était vraiment par trop répétitif.
JB
mardi 25 février 2020
Bonhomme 1 - Gros chagrin
GROS CHAGRIN.
Je venais tout juste d'entrer à la "grande école",
j' arrivais de la Maternelle avec déjà un bon bagage, je savais lire car
j' avais bénéficié d' une méthode d' apprentissage d' une efficacité absolue.
Maintenant on discute sans fin. Syllabique purement mécanique, B- A BA qui fait ânonner nos enfants, P-A PA, PAPA, ça y est, il a lu PAPA mon petit génie en herbe mais sa lecture reste saccadée et il ne comprend pas trop ce qu' il lit. Alors essayons la "globale" on le fait lire, et après quand il saura bien deviner ce qu'on lui propose à lire, alors on lui apprendra à lire. Risqué, Il croira tout savoir mais à l' approximatif et on fera un raté de mon bambin pourtant si intéressant et si j'osais le dire "surdoué", il portera toute sa vie ce lourd handicap. Un mélange des deux, peut-être...
Ma méthode maintenant , celle du " cheval de bois".
La maîtresse, elle s'appelait Thérèse - (curieux les souvenirs j' ai photographié la scène dans ma mémoire d enfant de quatre ans et je me revois courir dans la cour de l' école maternelle , la maîtresse faisant un pas pour m' éviter et moi de même d' où collision entre le gamin et la maîtresse), je disais donc que la maîtresse, Thérèse (et je me souviens aussi de son nom de famille ainsi que celui de la petite dont j' étais très amoureux à qui je donne la main dans la photo plus haut , le petit couple à gauche de la photo, elle s' appelait Michèle, fille de médecin elle était si belle et j' avais ressenti déjà qu' elle était inaccessible d' un niveau social plus élevé que moi - oui je m' en souviens vraiment) me faisait venir de temps en temps, pas seulement moi bien sûr je ne suis pas seul au monde, à son grand bureau là-haut sur une estrade, elle me montrait des lettres et des mots grand format, je répétais, j' enregistrais et quand c' était bien j' avais droit à une séance d' équitation sur le grand cheval de bois au fond de la classe.Le bonheur absolu (Le "pied" comme on dit maintenant, et j'ajoute, à l' étrier).
Arrivée à la maison, présentation du cahier à la maman l' oeil humide. La maman compte, tant en calcul, tant en lecture, tant en je ne sais pas quoi .Ton maître s'est trompé dans son addition, tu as un ou deux (je ne sais plus) points de plus. Joie indicible pas pour la fierté d 'être le premier, mais pour le merveilleux album qui allait me revenir. Bien que d'une timidité extrême, j'osai en parler au maître. M' sieur, ma mère (qui savait compter, je lui faisais confiance) elle a dit que je dise au maître ...Mais c'est vrai, Bonhomme et tu es le premier, je suis vraiment désolé. Oui M' sieur, mais l'album. - Bonhomme, tu comprends que je ne peux pas le reprendre et je n'en avais qu'un seul, je pense que ça ne te fait rien, c'était pas grand' chose - Non, M'sieur, tant pis, ça ne me fait rien du tout. Désespoir total, j'en ai les larmes aux yeux en l' écrivant.
PS. Une dame de Charly après lecture de mon blog m' a fait parvenir un vieil album retrouvé du chocolat Menier (et non Meunier). Mille mercis.
JB
Bonhomme 2
Qu' est "bonhomme" devenu ? vous savez peut-être si vous me lisez parfois " bonhomme était le nom affectueux donné par l' instituteur des premiers âges (cf : Le bel album du chocolat Menier ) Je le vois sur la photo de sa communion solennelle - en bas 4ème de droite à gauche, se faisant tout
petit sur un banc, osant à peine s'asseoir entre les deux encadrants
eux largement installés sans complexes.
Lui il est plein de remises en question, toujours craignant de mal faire et surtout de gêner, toujours en retrait, inhibé, en bout de table, alors, quand on vient le chercher d'une classe supérieure pour faire honte aux grands dadais qui ne savent pas même calculer la surface d'un trapèze, il n'ose pas refuser mais il bégaie en parlant de la demi-somme des bases etc...en plus il sait qu'il y a une deuxième mi-temps que le maître qui l'envoie ignore, la récréation où il a intérêt à se faire tout petit derrière les arbres, il sait qu'il court moins vite que les grands dadais et que, à la récréation, il y a inversion totale des valeurs, la surface du trapèze, tu parles si on s'en...... Pas rassuré "le petit chose" je voulais dire" le petit B", et le maître en inconscient qui l'envoie encore au feu.
Le p' tit B est en bas au milieu les pieds au sol assis timidement l' air grave, pauvre petit !
Pas armé pour ce monde difficile. Pourtant, il avait repris confiance en lui quand il était encore "Bonhomme", on lui avait appris la table de multiplication et il s'aperçut que dans la grande section on faisait des multiplications à deux étages, il se dit qu'il ne saurait jamais faire ça, nouveau désespoir, alors il a réfléchi, réfléchi à s'en faire mal à la tête et d'un seul coup la solution pour cette multiplication lui est apparue et il en fut tout ragaillardi.
Entrée donc en confiance dans la grande classe, "Bonhomme" est maintenant "le petit B", encore ratatiné sur lui-même qui observe. Comment ils font pour ne pas savoir transformer des hectolitres en centimètres cubes, ou admettre une fois pour toutes que les surfaces vont de 100 en 100 et les volumes de 1000 en 1000 et que les fractions, on les simplifie avant de les réduire au même dénominateur Pas surdoué , seulement apte à une réflexion un peu entachée d'émotivité ( Il a des capacités ce petit dit-on à l'époque) par exemple il se rappelle avoir calculé la surface de la terre en kilomètres carrés il en est tout effrayé, terre et océans compris simple, quatre fois la surface d'un grand cercle, soit 6371 (km) , multiplié par 6371 et par 3,14 et le tout par 4 , pas de machine à calculer à l époque alors deux décimales pour pi, c'est déjà pas mal, il voit que c'est grand et son volume ? facile : le pi à tout faire multiplié par quatre multiplié par 6371 et encore une fois et encore une fois, on divise par 3 et c'est joué, guère plus compliqué que le trapèze, mais un nombre énorme et si c'était des litres d'eau, combien ça pèserait - effrayé par les grands nombres. Vous voyez qu'il se pose des questions le petit
et d'autres encore sur l'existentiel, pourquoi il est là, dans cette classe et pourquoi beaucoup d' autres sont moins angoissés, en plus il ne comprend pas toujours ce que disent les adultes dans leurs conversations et ça le chagrine beaucoup. Un bon petit. (a suivre )
Le p' tit B en colonie de vacances, en bas en pull gris, facile à reconnaître, total inadapté à la vie en groupe, le seul qui ne rit pas. Qu' est-il venu faire là ? (sixième de gauche à droite)
Lui il est plein de remises en question, toujours craignant de mal faire et surtout de gêner, toujours en retrait, inhibé, en bout de table, alors, quand on vient le chercher d'une classe supérieure pour faire honte aux grands dadais qui ne savent pas même calculer la surface d'un trapèze, il n'ose pas refuser mais il bégaie en parlant de la demi-somme des bases etc...en plus il sait qu'il y a une deuxième mi-temps que le maître qui l'envoie ignore, la récréation où il a intérêt à se faire tout petit derrière les arbres, il sait qu'il court moins vite que les grands dadais et que, à la récréation, il y a inversion totale des valeurs, la surface du trapèze, tu parles si on s'en...... Pas rassuré "le petit chose" je voulais dire" le petit B", et le maître en inconscient qui l'envoie encore au feu.
Le p' tit B est en bas au milieu les pieds au sol assis timidement l' air grave, pauvre petit !
Pas armé pour ce monde difficile. Pourtant, il avait repris confiance en lui quand il était encore "Bonhomme", on lui avait appris la table de multiplication et il s'aperçut que dans la grande section on faisait des multiplications à deux étages, il se dit qu'il ne saurait jamais faire ça, nouveau désespoir, alors il a réfléchi, réfléchi à s'en faire mal à la tête et d'un seul coup la solution pour cette multiplication lui est apparue et il en fut tout ragaillardi.
Entrée donc en confiance dans la grande classe, "Bonhomme" est maintenant "le petit B", encore ratatiné sur lui-même qui observe. Comment ils font pour ne pas savoir transformer des hectolitres en centimètres cubes, ou admettre une fois pour toutes que les surfaces vont de 100 en 100 et les volumes de 1000 en 1000 et que les fractions, on les simplifie avant de les réduire au même dénominateur Pas surdoué , seulement apte à une réflexion un peu entachée d'émotivité ( Il a des capacités ce petit dit-on à l'époque) par exemple il se rappelle avoir calculé la surface de la terre en kilomètres carrés il en est tout effrayé, terre et océans compris simple, quatre fois la surface d'un grand cercle, soit 6371 (km) , multiplié par 6371 et par 3,14 et le tout par 4 , pas de machine à calculer à l époque alors deux décimales pour pi, c'est déjà pas mal, il voit que c'est grand et son volume ? facile : le pi à tout faire multiplié par quatre multiplié par 6371 et encore une fois et encore une fois, on divise par 3 et c'est joué, guère plus compliqué que le trapèze, mais un nombre énorme et si c'était des litres d'eau, combien ça pèserait - effrayé par les grands nombres. Vous voyez qu'il se pose des questions le petit
et d'autres encore sur l'existentiel, pourquoi il est là, dans cette classe et pourquoi beaucoup d' autres sont moins angoissés, en plus il ne comprend pas toujours ce que disent les adultes dans leurs conversations et ça le chagrine beaucoup. Un bon petit. (a suivre )
Le p' tit B en colonie de vacances, en bas en pull gris, facile à reconnaître, total inadapté à la vie en groupe, le seul qui ne rit pas. Qu' est-il venu faire là ? (sixième de gauche à droite)
lundi 24 février 2020
Bonhomme 3
Qu'est devenu "Bonhomme" ?
Il est devenu "le petit B" et le petit B n'est pas parfait, loin de là.
Deux faits très graves
1. B a triché. Une défaillance et Petit B qui ne se doutait pas de la survenue d'une interrogation écrite piège est piégé et répond un peu, mais pas trop. C'est son voisin qui est chargé de le corriger et le noter, et vice- versa. Le voisin n'en sait pas plus que petit B sur les réponses. Dans la panique, une solution apparaît. Je te mets 5 (sur 10) et tu me mets 5. Je suis honnête, j'aurais pu dire, tu me mets 8 ou pourquoi pas 10. Le maître qui a une foi totale en ses élèves relève les notes. Petit B, comment fais-tu pour avoir 5 avec 5 questions notées chacune 2. Tu sais bien, Petit B, je ne te l'apprends pas qu'un nombre pair multiplié par un nombre même impair donne toujours un résultat pair. Alors tu as 4 ou 6 et même tu vas plutôt avoir zéro. Bafouillage pas net, vexation totale, rigolades latérales, perte de la confiance du maître et j'avais cru être honnête avec mon 5, çà m'apprendra la prochaine fois c'est 10. Mais j' affirme qu'il n'y a pas eu d'autre fois où j' aie réglé l'urgence de cette façon.
Cette méthode de notation rapide inter-élèves était parfois nécessitée par l'importance du travail de correction de l'enseignant. Je me souviens quand j' avais 120 ou 130 copies à corriger chaque semaine, à minimum 7 ou 8 minutes par copie, prenez la machine à calculer et qu'en plus après une dizaine on est obligé de faire une pause, les dimanches étaient les bienvenus pas pour fainéanter mais pour finir l'ouvrage. Je n'ai jamais jamais eu recours à ce système, je me suis amusé un jour cependant, à une interro-surprise de ce genre, j'ai surveillé les regards en coin, les connivences de correction, je les ai vus tous, c 'était gros comme ça, je n'ai pas relevé les notes ni fais de réprimandes. Mais j' affirme qu'il y a des élèves honnêtes et incorruptibles surtout chez les filles et même chez les garçons.
2. C'est bien plus grave. Je sors dans la rue, but, une partie de billes, une revanche à prendre. J'arrive chez le voisin qui passe la tête par la fenêtre et tout triste me dit que son père l' empêche de sortir. Il était vraiment pas drôle cet homme et je le craignais un peu. Il apparaît, le père, B, tu as vu que le maître a donné un coup de pied (et même dans le ventre) de F (son fils). Je bredouille, rien vu de comme ça. Il insiste, hein tu l'as vu, le F me souffle par la fenêtre, dis-le sinon, je pourrai pas sortir, mais c'est pas vrai, ça ne fait rien, dis-le quand même -cornélien- Le père insiste et passe au chantage, (véridique), si tu le dis, il va aller jouer avec sinon il ne sort pas. Alors je bafouille quelque chose qui est ni oui ni non, peut-être bien s'il le dit, mais j'ai pas vu grand'chose...qui est interprété au vol comme un vrai oui. La partie de billes commence et je ramasse deux ou trois cents grammes de billes, que je n 'ai pas rendues. Je croyais l' incident clos, mais le lendemain le maître m'interpelle, ce soir tu m'attends à la sortie, j' ai à te parler, il paraît que tu as dit ...Panique,
le soir, j'ai attendu quelques minutes décidé à faire un exposé total, le chantage, l'acquiescement très incertain de circonstance justifié par la revanche aux billes, j'ai attendu 5 minutes et j'ai détalé à toutes jambes. Pas de suite, on n'en a plus parlé, je suppose que le père avait dû se faire envoyer au diable, il le méritait bien. Mais j'ai traîné le remords, je n'avais pas dit oui mais pas vraiment non non plus et j'avais certainement perdu une deuxième fois la confiance du maître. Si ça avait été maintenant je suis effrayé des conséquences
Depuis, je suis très réservé sur la parole des enfants qu' "on ne peut pas mettre en doute", je suis effrayé parfois de ce qu'on peut leur faire dire, car un enfant a peur d'être puni s'il ne sait pas sa leçon, c'est à dire s'il ne dit pas ce qu'on attend de lui, l' enfant veut faire plaisir et aime qu'on lui souffle la réponse. J'ai entendu dans ma carrière des mensonges patents dits avec des accents incroyables de sincérité et des accusés à tort, ne savoir comment se défendre. Prudence donc.
Bonhomme Peti B craint d'avoir perdu l' estime de tous
Mais Il a soulagé sa conscience
Réconfortez-le vite
car actuellement
Il évoque Villon
"Et priez Dieu que tous nous veuille absoudre !"
Il est devenu "le petit B" et le petit B n'est pas parfait, loin de là.
Deux faits très graves
1. B a triché. Une défaillance et Petit B qui ne se doutait pas de la survenue d'une interrogation écrite piège est piégé et répond un peu, mais pas trop. C'est son voisin qui est chargé de le corriger et le noter, et vice- versa. Le voisin n'en sait pas plus que petit B sur les réponses. Dans la panique, une solution apparaît. Je te mets 5 (sur 10) et tu me mets 5. Je suis honnête, j'aurais pu dire, tu me mets 8 ou pourquoi pas 10. Le maître qui a une foi totale en ses élèves relève les notes. Petit B, comment fais-tu pour avoir 5 avec 5 questions notées chacune 2. Tu sais bien, Petit B, je ne te l'apprends pas qu'un nombre pair multiplié par un nombre même impair donne toujours un résultat pair. Alors tu as 4 ou 6 et même tu vas plutôt avoir zéro. Bafouillage pas net, vexation totale, rigolades latérales, perte de la confiance du maître et j'avais cru être honnête avec mon 5, çà m'apprendra la prochaine fois c'est 10. Mais j' affirme qu'il n'y a pas eu d'autre fois où j' aie réglé l'urgence de cette façon.
Cette méthode de notation rapide inter-élèves était parfois nécessitée par l'importance du travail de correction de l'enseignant. Je me souviens quand j' avais 120 ou 130 copies à corriger chaque semaine, à minimum 7 ou 8 minutes par copie, prenez la machine à calculer et qu'en plus après une dizaine on est obligé de faire une pause, les dimanches étaient les bienvenus pas pour fainéanter mais pour finir l'ouvrage. Je n'ai jamais jamais eu recours à ce système, je me suis amusé un jour cependant, à une interro-surprise de ce genre, j'ai surveillé les regards en coin, les connivences de correction, je les ai vus tous, c 'était gros comme ça, je n'ai pas relevé les notes ni fais de réprimandes. Mais j' affirme qu'il y a des élèves honnêtes et incorruptibles surtout chez les filles et même chez les garçons.
2. C'est bien plus grave. Je sors dans la rue, but, une partie de billes, une revanche à prendre. J'arrive chez le voisin qui passe la tête par la fenêtre et tout triste me dit que son père l' empêche de sortir. Il était vraiment pas drôle cet homme et je le craignais un peu. Il apparaît, le père, B, tu as vu que le maître a donné un coup de pied (et même dans le ventre) de F (son fils). Je bredouille, rien vu de comme ça. Il insiste, hein tu l'as vu, le F me souffle par la fenêtre, dis-le sinon, je pourrai pas sortir, mais c'est pas vrai, ça ne fait rien, dis-le quand même -cornélien- Le père insiste et passe au chantage, (véridique), si tu le dis, il va aller jouer avec sinon il ne sort pas. Alors je bafouille quelque chose qui est ni oui ni non, peut-être bien s'il le dit, mais j'ai pas vu grand'chose...qui est interprété au vol comme un vrai oui. La partie de billes commence et je ramasse deux ou trois cents grammes de billes, que je n 'ai pas rendues. Je croyais l' incident clos, mais le lendemain le maître m'interpelle, ce soir tu m'attends à la sortie, j' ai à te parler, il paraît que tu as dit ...Panique,
le soir, j'ai attendu quelques minutes décidé à faire un exposé total, le chantage, l'acquiescement très incertain de circonstance justifié par la revanche aux billes, j'ai attendu 5 minutes et j'ai détalé à toutes jambes. Pas de suite, on n'en a plus parlé, je suppose que le père avait dû se faire envoyer au diable, il le méritait bien. Mais j'ai traîné le remords, je n'avais pas dit oui mais pas vraiment non non plus et j'avais certainement perdu une deuxième fois la confiance du maître. Si ça avait été maintenant je suis effrayé des conséquences
Depuis, je suis très réservé sur la parole des enfants qu' "on ne peut pas mettre en doute", je suis effrayé parfois de ce qu'on peut leur faire dire, car un enfant a peur d'être puni s'il ne sait pas sa leçon, c'est à dire s'il ne dit pas ce qu'on attend de lui, l' enfant veut faire plaisir et aime qu'on lui souffle la réponse. J'ai entendu dans ma carrière des mensonges patents dits avec des accents incroyables de sincérité et des accusés à tort, ne savoir comment se défendre. Prudence donc.
Bonhomme Peti B craint d'avoir perdu l' estime de tous
Mais Il a soulagé sa conscience
Réconfortez-le vite
car actuellement
Il évoque Villon
"Et priez Dieu que tous nous veuille absoudre !"
jeudi 20 février 2020
Jeune adulte 1
Je raconte. La guerre est finie, l' Ecole Normale de nouveau ouverte,fini l' Etat français, on retrouve notre bonne vieille République, la quatrième, née en octobre 1946, défunte en octobre 1958. Année de formation professionnelle, stages dans toutes les sortes de classes à un cours ou à tous cours, sauf une classe manquée à cause des marches qui se précipitent par centaines de la ville haute (Laon) à la ville basse ( où est la gare), on descendait par deux marches à la fois pour aller plus vite je voulus améliorer ma performance par des sauts de trois en trois marches, ce qui me fait évoquer le père de Montaigne qui à 60 ans " ne montait guère en sa chambre sans s'élancer trois ou quatre degrés à la fois", entorse possible, entorse probable, entorse réussie, journée dure à Tergnier, retour pénible sur gros pied et 10 jours de prélassement, seul, bien tranquille en immersion dans la pédagogie théorique.
L' année passe, je suis appelé chez le Directeur qui m' avait déchu de mon titre de responsable - major, au profit d' un camarade jugé plus fiable par le chef (influencé je crois par un compte-rendu accusateur de mes démêlés avec les dirigeants du lycée d' où je venais)- JB, je vous propose une affectation pour la rentrée - oui, M. le Directeur - je vous ai fait nommer à ...long temps d' arrêt pour ménager les effets, je vous ai fait nommer à ...Charly sur Marne, votre village natal. - Merci, Monsieur le Directeur - mais ravissement mitigé, j' ai là-bas des plus ou moins amis qui plus en avance que moi ont déjà participé au repeuplement de la France, des conflits ou jalousies (pour ma supposée grosse paye de fonctionnaire et mon métier présumé si relaxe) sont à prévoir et j' aurais préféré un confortable anonymat. Bon - on fera avec - et encore tous mes remerciements.
J' entasse dans une seconde valise tous les spécimens gratuits dont nous avaient dotés les grandes maisons d' édition scolaire, Hachette, Nathan, Hatier, Vuibert, Sudel, Bordas, Delagrave, Dunod, Magnard, etc...(gros ventre de la valise) qui nous aidaient grandement dans nos débuts. Je range dans un tout petit portefeuille le petit, tout petit pécule qu' on nous a remis pour nous permettre de débuter dans la vie, et en route vers la vie active
Et vers mes parents presque fiers s' ils l' avaient osé, de leur fils qu' ils croient supérieurement intelligent (prestige à l' époque de la noble fonction enseignante). Tu vas loger chez nous, tu dépenseras peu et je voyais déjà se profiler sur mon horizon une belle petite 4CV Renault, la merveille de l' époque, le rêve entrevu réalisable.
J' allai voir le Directeur de l' école, nous nous connaissions et apprécions bien, tout était pour le mieux et je vivais en joie les derniers beaux jours de septembre, confiant en mon radieux avenir, quand, mon père en même temps notre facteur, vint et me tendit une enveloppe à cachet officiel de l' Inspection académique, une confirmation de l' emploi sans doute, on ouvre, et comme pour Perrette et son pot au lait, encore une fois tout dégringole, confort familial, voiturette, tout remis en question...
Jeune adulte 2
On ouvre l'enveloppe, silence profond,
stupéfaction, verdict...Nouvel arrêté de nomination, vous êtes nommé à
la rentrée prochaine (10 jours) à Fère en Tardenois - ouverture d' un
Cours Complémentaire - Voilà, y a qu' à...! Mon père déclare qu' il y a
une "combine" quelque part. Et les promesses du Dirlo ? çà ne m' étonne presque pas, il ne m' aimait pas du tout (déjà
expliqué) mais peut-être pas sa faute.Voir l' Inspecteur primaire dans
ma belle 4CV entrevue à la mode de Pierrette ? non en vieux vélo d' après guerre, et
pas de téléphone fixe ou portable, vélo pas fiable pour pneus hors
service, recours difficile, faut subir. Et si j' allais voir le Directeur du cours complémentaire qui par ailleurs m' avait poussé à intégrer L' E N.
Alors je me précipite chez le Directeur local qui m' encourage à plier l' échine, comme tout bon fonctionnaire doit apprendre à le faire, c' est le B A BA de la fonction, en haut les têtes pensantes, en bas la plèbe des exécutants, encore heureux quand ils ont un peu compris la subliminale pensée des gourous des ministères, leur substantifique moelle .
Mon Directeur me présente cette nomination comme une reconnaissance de mes talents, je n' en demande pas tant. Oui, mais, je vais enseigner quoi ? - Ton horaire sera calqué sur celui des écoles primaires, 30 heures, tu enseigneras les mathématiques, tu es très fort, autant que m' en souvienne - je le suis - (vanitas, vanitatum) et puis la physique, simple , pression atmosphérique, loi de Mariotte ou de Gay Lussac, Lavoisier et son air, etc... - programme intéressant- la chimie, tu sais équilibrer tes réactions ? - oui, je sais- et les Science naturelles, hanneton, grenouilles, moules, germination assimilation chlorophyllienne, pas de secrets pour toi - aucun, passionnant l' élevage des têtards de crapauds - Cependant, Au cas où une seule classe serait ouverte, tu devras tout assumer, alors tu reprendras tes classiques, Racine, Corneille, et même ton ami La Fontaine - celui-là je ne l' aime pas je vous raconterai pourquoi - oui, mon père, plutôt, oui mon bon maître - l' Histoire de France tu la connais - parfaitement - vive Henri IV - et la Géographie tu aimes - J' adore- La grammaire et l' orthographe, tu connais bien- je suis fan, ça va sans dire- Accessoirement tu enseigneras le dessin- je suis artiste-né - un peu de travail manuel créatif et pour les filles tu demanderas à ta femme, sa trousse de couture - et l' Education physique accessoirement, ça te détendras - Certainement, mais... Quoi mais ? ça ne te suffit pas ?- si, mais les langues étrangères, je ne retiens jamais les déclinaisons - tu t' y feras et tu progresseras en même temps que tes élèves, on ne te demande pas le chinois, seulement l' anglais ou l' allemand c' est toi qui choisira à ton choix, yes ou ja. Te voilà rassuré ?. Oh, que oui, je ris, je pleure, je reris, je repleure...
Oui, mais pratiquement ? Simple tu prends un 21/27 maintenant ce serait 21/29,7 qui l' a remplacé à cause de la racine carrée de deux, régissant le rapport de la diagonale et du côté du carré (j' ai déjà expliqué, je ne vais pas recommencer que 21 x racine de 2 = 27,9, côté x racine de 2 = diagonale), tu fais 5 cases en large et 6 en hauteur et tu les remplis à ton gré, en écrivant histoire, orthographe, mathématiques pour le matin, par exemple lecture expliquée, grammaire pour l' après-midi, éducation physique etc...tu continues jusqu' à la fin de la semaine, jusqu' à épuisement et tu enverras ce projet de répartition de ton activité en tenant compte des quotités imposées, à ton Inspecteur primaire afin qu' il l' approuve, ce qu' il ne fera jamais à 100%, mais il ne te fournira pas non plus un emploi du temps type, à toi de le créer pour le personnaliser. Muni de ce glossaire, il pourra te surprendre n' importe quand, et quand il ouvrira la porte de ta classe, pas question d' être en train de faire des maths par exemple quand c' est marqué grammaire (en général, ils sont plutôt littéraires).
A cette époque, l' Inspecteur surgissait à l'improviste, parfois après trois ou plus années d' attente anxieuse à guetter derrière les vitres des mouvements de véhicules, on le voyait surgir, il fallait à chaque seconde être irréprochable, et la note professionnelle augmentait parfois d' un demi-point, ou baissait. L' angoisse distillée à jet continu. Une collègue de ma femme voyant la porte s' ouvrir sur la silhouette redoutée, s' effondra et il fallut la ranimer, vite les sels ! Je reviens à ma conversation avec mon directeur de conscience, je veux dire mon Directeur d' école. Tu ne peux pas enseigner n' importe quoi, c' est évident, si les programmes d' Histoire te disent l' antiquité égyptienne, tu ne vas pas enseigner la Commune de Paris et l' exil de Louise Michel, d' ailleurs, méfie-toi en Histoire de ne pas franchir les bornes d' un conformisme bien-pensant et de ne pas blasphémer sans t' en rendre compte. Merci, mais... je voudrais savoir
Je t' écoute, parle ( sans t' émouvoir) Excusez-moi, si je me permets d' insister, la classe ouvre ses portes, les élèves s'installent en grand silence, je fais quoi ? - Tu te présentes et tu leur fais remplir un papier avec nom, prénom ou prénoms, adresse, etc... tu les écoutes et tu peux tenir deux heures s' ils commencent à raconter leurs vacances, tu peux même les leur faire écrire, pour arriver jusqu' à la sonnette de fin de la matinée - Bonne idée - et après ? - Tu commences à te préparer un créneau de 3 ou 4 heures dans ton existence post-classe, ta seconde vie celle du soir, pour corriger et noter tous ces trente ou quarante essais, à 5 ou 6 minutes par copie, si tu es rapide, tu t' en tireras en 200 minutes soit entre trois ou quatre heures, puis tu recopieras les notes sur un carnet et tu commenceras à rédiger un portrait de chaque élève pour dire aux parents qui ne vont pas tarder à apparaître quelles sont les qualités dominantes de leurs fils ou filles et les prestigieuses carrières auxquelles ils pourront prétendre.Oui, mais encore, passé le premier matin, le premier après-midi et le premier soir à 40 copies ? Je vais te confier ces deux gros dossiers, l' un regroupe les programmes à suivre en toutes matières, l' autre la façon de les enseigner, ça s' appelle les Instructions officielles, ils sont très volumineux ces dossiers car des têtes pensantes travaillent jour et nuit pour les améliorer et augmenter leur efficience, tu recevras très régulièrement des instructions nouvelles, des innovations, on n' enseigne pas n' importe comment et n' importe quoi.
J' emporte les deux dossiers à la maison et je m' applique à les recopier, avec les pleins et déliés délivrés artistement par ma plume sergent-major, gros travail de plusieurs jours, je suis et reste très sérieux. Je reporte à l' école les précieux guides pour l' Enseignement. Mais, me dis- je, si je disposais de quelques manuels, j' aurais moins à creuser ma cervelle et ma mémoire, rien à l' école, les livres, propriété individuelle payée par les élèves, sont partis avec eux, alors j' entreprends une quête chez quelques anciens condisciples que je parviens à retrouver - As-tu encore ton livre d' Histoire? - peut-être - cherche bien - chez un autre, la géographie, puis encore un précieux recueil de textes français etc...Un peu rassuré, je retrouve dans mon grenier un gros panier en osier où je dispose en vrac les livres salvateurs et les dossiers programmes et instructions, soit la liste des enseignements à assurer, le mode d' emploi et le matériel, je fixe le tout sur la porte-bagages du vieux bicycle et je pars pas du tout tranquille vers mon nouvel horizon, une quarantaine de kilomètres.( A suivre )
Alors je me précipite chez le Directeur local qui m' encourage à plier l' échine, comme tout bon fonctionnaire doit apprendre à le faire, c' est le B A BA de la fonction, en haut les têtes pensantes, en bas la plèbe des exécutants, encore heureux quand ils ont un peu compris la subliminale pensée des gourous des ministères, leur substantifique moelle .
Mon Directeur me présente cette nomination comme une reconnaissance de mes talents, je n' en demande pas tant. Oui, mais, je vais enseigner quoi ? - Ton horaire sera calqué sur celui des écoles primaires, 30 heures, tu enseigneras les mathématiques, tu es très fort, autant que m' en souvienne - je le suis - (vanitas, vanitatum) et puis la physique, simple , pression atmosphérique, loi de Mariotte ou de Gay Lussac, Lavoisier et son air, etc... - programme intéressant- la chimie, tu sais équilibrer tes réactions ? - oui, je sais- et les Science naturelles, hanneton, grenouilles, moules, germination assimilation chlorophyllienne, pas de secrets pour toi - aucun, passionnant l' élevage des têtards de crapauds - Cependant, Au cas où une seule classe serait ouverte, tu devras tout assumer, alors tu reprendras tes classiques, Racine, Corneille, et même ton ami La Fontaine - celui-là je ne l' aime pas je vous raconterai pourquoi - oui, mon père, plutôt, oui mon bon maître - l' Histoire de France tu la connais - parfaitement - vive Henri IV - et la Géographie tu aimes - J' adore- La grammaire et l' orthographe, tu connais bien- je suis fan, ça va sans dire- Accessoirement tu enseigneras le dessin- je suis artiste-né - un peu de travail manuel créatif et pour les filles tu demanderas à ta femme, sa trousse de couture - et l' Education physique accessoirement, ça te détendras - Certainement, mais... Quoi mais ? ça ne te suffit pas ?- si, mais les langues étrangères, je ne retiens jamais les déclinaisons - tu t' y feras et tu progresseras en même temps que tes élèves, on ne te demande pas le chinois, seulement l' anglais ou l' allemand c' est toi qui choisira à ton choix, yes ou ja. Te voilà rassuré ?. Oh, que oui, je ris, je pleure, je reris, je repleure...
Oui, mais pratiquement ? Simple tu prends un 21/27 maintenant ce serait 21/29,7 qui l' a remplacé à cause de la racine carrée de deux, régissant le rapport de la diagonale et du côté du carré (j' ai déjà expliqué, je ne vais pas recommencer que 21 x racine de 2 = 27,9, côté x racine de 2 = diagonale), tu fais 5 cases en large et 6 en hauteur et tu les remplis à ton gré, en écrivant histoire, orthographe, mathématiques pour le matin, par exemple lecture expliquée, grammaire pour l' après-midi, éducation physique etc...tu continues jusqu' à la fin de la semaine, jusqu' à épuisement et tu enverras ce projet de répartition de ton activité en tenant compte des quotités imposées, à ton Inspecteur primaire afin qu' il l' approuve, ce qu' il ne fera jamais à 100%, mais il ne te fournira pas non plus un emploi du temps type, à toi de le créer pour le personnaliser. Muni de ce glossaire, il pourra te surprendre n' importe quand, et quand il ouvrira la porte de ta classe, pas question d' être en train de faire des maths par exemple quand c' est marqué grammaire (en général, ils sont plutôt littéraires).
A cette époque, l' Inspecteur surgissait à l'improviste, parfois après trois ou plus années d' attente anxieuse à guetter derrière les vitres des mouvements de véhicules, on le voyait surgir, il fallait à chaque seconde être irréprochable, et la note professionnelle augmentait parfois d' un demi-point, ou baissait. L' angoisse distillée à jet continu. Une collègue de ma femme voyant la porte s' ouvrir sur la silhouette redoutée, s' effondra et il fallut la ranimer, vite les sels ! Je reviens à ma conversation avec mon directeur de conscience, je veux dire mon Directeur d' école. Tu ne peux pas enseigner n' importe quoi, c' est évident, si les programmes d' Histoire te disent l' antiquité égyptienne, tu ne vas pas enseigner la Commune de Paris et l' exil de Louise Michel, d' ailleurs, méfie-toi en Histoire de ne pas franchir les bornes d' un conformisme bien-pensant et de ne pas blasphémer sans t' en rendre compte. Merci, mais... je voudrais savoir
Je t' écoute, parle ( sans t' émouvoir) Excusez-moi, si je me permets d' insister, la classe ouvre ses portes, les élèves s'installent en grand silence, je fais quoi ? - Tu te présentes et tu leur fais remplir un papier avec nom, prénom ou prénoms, adresse, etc... tu les écoutes et tu peux tenir deux heures s' ils commencent à raconter leurs vacances, tu peux même les leur faire écrire, pour arriver jusqu' à la sonnette de fin de la matinée - Bonne idée - et après ? - Tu commences à te préparer un créneau de 3 ou 4 heures dans ton existence post-classe, ta seconde vie celle du soir, pour corriger et noter tous ces trente ou quarante essais, à 5 ou 6 minutes par copie, si tu es rapide, tu t' en tireras en 200 minutes soit entre trois ou quatre heures, puis tu recopieras les notes sur un carnet et tu commenceras à rédiger un portrait de chaque élève pour dire aux parents qui ne vont pas tarder à apparaître quelles sont les qualités dominantes de leurs fils ou filles et les prestigieuses carrières auxquelles ils pourront prétendre.Oui, mais encore, passé le premier matin, le premier après-midi et le premier soir à 40 copies ? Je vais te confier ces deux gros dossiers, l' un regroupe les programmes à suivre en toutes matières, l' autre la façon de les enseigner, ça s' appelle les Instructions officielles, ils sont très volumineux ces dossiers car des têtes pensantes travaillent jour et nuit pour les améliorer et augmenter leur efficience, tu recevras très régulièrement des instructions nouvelles, des innovations, on n' enseigne pas n' importe comment et n' importe quoi.
J' emporte les deux dossiers à la maison et je m' applique à les recopier, avec les pleins et déliés délivrés artistement par ma plume sergent-major, gros travail de plusieurs jours, je suis et reste très sérieux. Je reporte à l' école les précieux guides pour l' Enseignement. Mais, me dis- je, si je disposais de quelques manuels, j' aurais moins à creuser ma cervelle et ma mémoire, rien à l' école, les livres, propriété individuelle payée par les élèves, sont partis avec eux, alors j' entreprends une quête chez quelques anciens condisciples que je parviens à retrouver - As-tu encore ton livre d' Histoire? - peut-être - cherche bien - chez un autre, la géographie, puis encore un précieux recueil de textes français etc...Un peu rassuré, je retrouve dans mon grenier un gros panier en osier où je dispose en vrac les livres salvateurs et les dossiers programmes et instructions, soit la liste des enseignements à assurer, le mode d' emploi et le matériel, je fixe le tout sur la porte-bagages du vieux bicycle et je pars pas du tout tranquille vers mon nouvel horizon, une quarantaine de kilomètres.( A suivre )
mercredi 19 février 2020
Jeune adulte 3
Donc, bravant un violent vent de face, je dirige mes roues et mon panier vers la cité de mon avenir. Je connais, pendant la guerre ma mère m' avait dit " Jacques, va donc à Fère en Tardenois porter un panier de pommes de terre (mais pas un petit pot de beurre, on n' en avait pas) à ta soeur (alors employée des PTT en ce même endroit, même parcours familial)
J' arrive à l' école, un coup de peigne pour être présentable, je suis accueilli par l' épouse du Directeur
qui me dit - Jacques, j' étais à l' école à Pavant avec votre mère (brillante élève reconnue), je suis heureuse de votre nomination - Parfait ça va faciliter les rapports) - On vous a trouvé dejà une chambre avec l' aide de la mairie, pas un appartement, une chambre c ' est déjà pas mal - Merci, mes parents m' envoient par l ' intermédiaire d' un ami artisan ou commerçant un lit pliant et la vieille table ronde de ma grand' mère, ils vont arriver incessamment. Tout ira bien. Je déboucle le panier en osier, j' installe comme je peux les livres quémandés de ci de là, dans un petit meuble que m' a offert l' amie d' enfance de ma mère, le lit est arrivé, la table de ma grand' mère également, beau plateau de chêne sur pied forme guéridon un peu mangé par les vers et peu stable, à manipuler avec précaution, et je me replonge dans la forêt des programmes et instructions officielles que j' ai calligraphiées et commencé à connaître par coeur, Je suis confiant, assuré de ma capacité à affronter ce départ vers la responsabilité adulte et finalement ça ne me déplaît pas trop, oui c' est une promotion dont je suis digne, je vais assumer, on va voir ce qu' on va voir, je vais prendre cette classe à bout de bras, j' étudierai tous les soirs mes déclinaisons allemandes, génitif, accusatif, datif et je ne sais plus quoi, je m' y mets d' ailleurs tout de suite, pour éliminer mon talon d' Achille et être en avance d' au moins quinze jours sur mes élèves. J' en viendrais presque à me prendre au sérieux et je passe une bonne nuit dans mon petit lit-cage repliable,déplié.
J' attendis la réunion de rentrée prévue le lendemain. Se présentent deux plus ou moins amis d' une promotion précédente qui se lèvent et déclarent...
Encore une fois, Perrette et la chute de son pot au lait , ça me poursuivra donc toujours ...
Jeune adulte 4
Je n' ai pas de montre, trop chère à cette époque, sauf cependant celle qui m' avait été remise par un oncle, en cadeau de Communion solennelle, je l' avais demandée à gousset et non à poignet, grande erreur.
Je commencerai par acheter des pneus neufs pour ma bicyclette, première nécessité et pas besoin d' argent pour enseigner en classe de sixième, je suis tout à fait désintéressé, un mois d' attente et à moi le pactole que me remettra le percepteur car à l' époque (1947-48), on était payé au guichet du percepteur, pas encore sur un compte en banque. Et j' achèterai une montre à poignet, première nécessité, après quelques mois d' économies.
Réunion de prérentrée, le Directeur, son épouse, deux maîtres en exercice qui déclarent - nous sommes plus anciens ici que JB - c' est donc à nous que revient la nouvelle fonction de maîtres du Cours complémentaire- Ai-je bien entendu ? - Nous nous répartirons les matières, deux parts, l' un assurera ce qui est plus ou moins scientifique et l' autre le plus ou moins littéraire et nous nous partagerons une classe primaire, mi-temps sixième, mi-temps primaire - je reste coi - Quoi on me retire ma fonction ? Le Directeur , grand Juge, déclare que la proposition est très recevable, qu' il en fera part à l' IP (l' inspecteur), mais qu' on peut considérer cette alternative comme acquise et qu' on fait la rentrée sur cette base.
Timidement, je suis, j' ai toujours été timide
,je demande - Je deviens quoi dans tout ça ? - Tu prends la classe qui reste - un conglomérat de petits gamins qui apprennent à lire et d' autres qui en principe savent lire, une bonne cinquantaine d' élèves. Réunion terminée. Et le Directeur, dont la femme connaissait ma mère il ne m' a pas défendu, et cette fille de ma promotion qui pour des histoires de couple, je crois, était allée pleurnicher dans le giron de l' IP pour me voler ma première nomination - je suis maudit -
Et la rentrée vient, cette classe surchargée, ce mois sans argent. Et il faut le matin, venir tôt pour allumer le poêle, mettre le papier avant le petit bois sec (et pas le contraire comme on vit le faire une jeune remplaçante) et quand le feu ronfle, sortir un quart d' heure avant la rentrée pour surveiller et neutraliser quelques affreux gamins (toujours les mêmes), fin de matinée, encore surveiller, avant, pendant et après le passage à la cantine scolaire, reprendre les cours puis de nouveau surveiller ceux qui restent en étude surveillée jusqu' à 6 heures du soir ensuite rentrer chez soi avec ce gros tas de cahiers à passer l' un après l' autre, les annoter, y tracer des lignes de pente , on écrivait penché à l' époque, pour guider la main maladroite des apprentis écrivains, plus de cinquante fois quelques minutes, ça fait combien de temps ? - pause nécessaire - je ferai ça après le repas du soir (on est affamé à cet âge, aussitôt ma première paye, j' irai m' inscrire quelque part pour ce repas nécessaire), ensuite, je reprendrai mes cahiers, je réfléchirai profondément à ma classe du lendemain, je dois tout prévoir et l'écrire sur un "journal de classe" à présenter aux inspecteurs, ensuite, passage tard en soirée dans la classe pour préparer de beaux tableaux en craie de couleur, pour le lendemain. Vivement jeudi pour ressaisir les affreux cahiers toujours en retard de correction.
Samedi soir, après la classe, j' irai retrouver mes parents, à 40 km de là, je fixerai le panier en osier sur le porte-bagages pour y mettre le gros tas de cahiers, à la correction en souffrance, pourvu qu' il ne pleuve pas, le panier est perméable. Mes parents s' étonneront que j' apporte du travail à la maison, pouvant imaginer que j' ai fainéanté dans la semaine. Pas toujours drôle l' existence !
Et ces gros livres de mathématiques supérieures que j' avais acheté pour continuer mon avancée dans cette science merveilleuse, j' ai commencé à les ouvrir après 23 heures 30 et je les ai clos quand mes yeux se sont clos, j' aimais tant ces extraordinaires inépuisables mathématiques c' est le grand regret de ma vie, c'est fini, tu en prends pour dix ans , sinon tu rembourses les frais de ta scolarité à l' Ecole normale, tu te résignes, tu te résignes, tu te résignes encore ...ainsi va la vie
et prépare-toi à recevoir dans ta grosse classe, où elle aura du mal à tenir, une délégation chargée de t' attribuer, si tu le mérites, un Certificat d' aptitude à faire ce métier et souviens-toi qu' on ne dit pas "Monsieur tout court " mais qu' on dit " Monsieur l' Inspecteur" comme te le fera remarquer l' un des membres de la commission citée plus haut. Là, je regrette, je ne peux pas. J' en pleurerais presque maintenant que tout est fini... tout !... Ce n' était que ça ? Tout est dérisoire...ce qui signifie, ne pas pleurer, rire... J' essaie mais c 'est crispé.
Inscription à :
Commentaires (Atom)



































